DAMN - Armugalh / Darenlà 176403
NEWfolkSOUNDS
- augustus / september 2008 n°118
Jaren geleden zag ik Marilis Orionaa voor het eerst op Dranouter met een indrukwekkend
optreden. Later deed ze dat voor een select publiek nog eens over in een gedenkwaardig
concert in het Arsenaal-theater. De muziek van de voormalige schaapsherderin
is fascinerend, soms complex en toch toegankelijk. Ze zingt hoofdzakelijk in
haar eigen taal, het Bearnaise, een van de dialecten in het Occitaans. Ruim
6 jaar geleden verscheen haar laatste album Femelis, waarmee Orionaa zeker geen
productieve musikante is. Maar dat schaarse is telkens van grote klasse. In
feite is er weinig veranderd na Femelis. Nog steeds is er de driehoeksverhouding
Orionaa (zang), Olivier Kléber-Lavigne (gitaar) en Nicolas Martin-Sagarra
(percussie). Dit trio schept met een minimum aan middelen een maximum aan muzicaal
genot. Damn begint met een allegorisch gedicht La presonèra.
Het superbe liefdeslied Nau ans is er echt een uit de school van Orionaa
: na een rustig intro neemt de dynamiek en spanning toe en grijpt het lied je
bij de strot. Onvervalst Orionaa ook in de van haar bekende zangstijl : doorspekt
met natuurlijke en geenszins storende vibraties in de tonen en doorklieft met
de ijzingwekkende schreeuwen. Het natuurlijke van de rurale omgeving in de Bearn
wordt in de studio geëvenaard middels digitale trucjes als echo en nagalm.
Nog zo’n karakteristiek lied is het repetitieve Pr’amor
en het prachtige Sent Jan. In dit hoogtepunt van de cd passeren alle Orionaa
kenmerken : de verstilde, fluisterende passages tegenover de schreeuw ; en van
de opzwepende, bijna shamanistische ritmes met krachtige percussie en gedreven
gitaarspel tot de introverte melodie. Al de composities zijn van eigen makelij,
waar in het verleden nog werd geleend en gezocht naar overgeleverde werken.
Soms leunt het compositorisch tegen het chanson aan, met name het slotnummer
Ma maman est une chanteuse, waarin letterlijk een aantal groten
uit het Franse chanson passeren. Toch sijpelt de volksmuziek uit de Bearn altijd
door in Orionaa’s liederen. Het zeer evenwichtige Damn is een perfect
voorbeeld van hoe moderne volksmuziek hoort.
Marius ROETING
La
première fois que j’ai vu Marilis Orionaa, c’était
à Dranouter il y a quelques années, dans une prestation impressionnante.
Puis elle a récidivé devant un public de choix, pour un concert
mémorable encore une fois, au Théâtre de l’Arsenal.
La musique de cette ancienne bergère est fascinante, parfois complexe
et cependant accessible. Elle chante principalement dans sa langue, le béarnais,
un dialecte occitan. Six années s’étant écoulées
depuis la sortie de son dernier album Femelís, Orionaa n’est certainement
pas une musicienne très productive. Mais cette rareté est à
chaque fois d’une grande classe. En fait il n’y a eu que peu de
changements après Femelís. C’est toujours la relation triangulaire
Orionaa (chant), Olivier Kléber-Lavigne (guitare), Nicolas Martin-Sagarra
(percussions). Ce trio crée avec un minimum de moyens un maximum de jouissance
musicale. Damn commence par un poème allégorique, La Presonèra.
La superbe chanson d’amour Nau ans est caractéristique de l’école
Orionaa : après une intro paisible, la dynamique et la tension augmentent
et la chanson vous étreint à la gorge. Du pur Orionaa également
que ce style très reconnaissable : agrémenté dans les modulations
de vibrations naturelles nullement envahissantes, traversé de cris déchirants.
Le naturel du milieu rural du Béarn est recréé en studio
au moyen de trucages digitaux tels que l’écho ou la réverbération.
C’est caractéristique de chansons telles que le répétitif
Pr’amor, ou le magnifique Sent Jan. Sur ce sommet du CD on retrouve tous
les signes distinctifs d’Orionaa : le calme des passages murmurés
qui contrastent avec le cri ; et les rythmes cravachés, presque chamaniques,
portés par une percussion puissante et un jeu de guitare passionné,
qui alternent avec la mélodie introvertie. Toutes les compositions sont
des créations personnelles. Autrefois elle empruntait volontiers au répertoire
traditionnel. Parfois sa musique se rapproche de la chanson, notamment dans
le morceau final, Ma maman est une chanteuse, où défilent quelques
grands noms de la chanson française. Cependant la musique traditionnelle
du Béarn affleure toujours dans les chansons d’Orionaa. Comment
créer une musique folk moderne ? Le très équilibré
Damn en est un parfait exemple.
Traduit du néerlandais par J.W
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fROOTS - may 2007 n° 287
A new Marilis Orionaa album is an occasion, and it’s never going to be
an easy thing to review or describe, nor fit neatly with other CDs in a group
review.
A striking, slim figure, with a pre-Raphaelite mane of chestnut hair, she’s
a creature of her beloved Béarn. The songs she makes draw melodically
on folk traditions and are largely in the Béarnais dialect of the Occitan
language, but she’s not a traditionnal singer as such, though she’s
definitely a significant character in today’s Béarnais culture.
In some ways, I suppose, though their musics and cultures differ widely, in
her individuality, strength of personality and inseparable bond with her culture
she’s a kind of Béarnais Mari Boine.
She’s an exciting, dramatic singer, oscillating from the free, edgy, ululating
reverberating wildness of a Pyrenean mountain voice to a soft intimacy when
she speaks her poetry against the musical accompaniment of her long-time band
: Arabic/flamenco-oriented guitarist Olivier Kléber-Lavigne and percussionist
Nicolas Martin-Sagarra. Producer-engineer Gérard Cauquil has also been
with her throughout, and again, out of the minimalist line-up of voice, acoustic
guitar and percussion, with creative studio work he has created a rich and complete
sound.
The songs of Damn (not a swear-word ; derived from the Latin damnum, in Gascon
it means wrong, punishment, damnation) include a fast, farandole-style dance
song directed to Saint Jean, one about the town and people of Pau, one viewing
traditional singer Rosina de Pèira, well-known since the 1970s, as an
Occitan Oum Kalsoum. There are several musically accompanied spoken poems, including
one in Greek remembering the village of Aspra Spitia, and wild mountain-calls
enclosing a memoriam in French to a loved one still alive in spirit among the
hills.
The penultimate track is a simple live recording of her explaining to a well-amused
audience why she doesn’t let her family come to her gigs. It’s in
Béarnais, but such is the musical rhythm of her speaking it isn’t
a dead patch for a non-understander, and throughout the album her transitions
between singing and speaking are very natural, flowing without the listener
really being aware of the join. In the notes she reveals her family name before
she adopted her nom-de-chanteuse, and she closes the album, in French
to a perky waltz tune, with a witty fast-worded tribute to her mother, Ma Maman
Est Une Chanteuse.
Andrew CRONSHAW
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LA
RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES - vendredi
22 décembre 2006
Le style unique de Marilis Orionaa
Un nouveau disque de la chanteuse béarnaise
Dans son dernier disque, Marilis Orionaa dévoile toute la gamme
de son talent vocal.
Saluée par l’Académie Charles-Cros, félicitée
par Joan Baez à l’occasion d’un concert international, invitée
pour des festivals du Maroc à la Finlande, Marilis Orionaa continue son
bonhomme de chemin parsemé de chansons très personnelles.
Elle a un style unique. Elle peut chanter en occitan, en français ou
en grec comme dans son dernier disque Damn, qui vient de sortir, elle
n’en demeure pas moins inimitable.
Sa découverte du peintre Ugarte est l’objet d’une chanson,
comme aussi cette ode à la ville de Pau, déjà enregistrée
mais réinterprétée, son hommage à la chanteuse Oum
Kalsoum, cette évocation de la maison « casa caseta »
qui fut aussi le nom de la villa béarnaise de Simin Palay, à l’entrée
de la Vallée Heureuse ou encore, les souvenirs de cette ville blanche
de Grèce, de son enfance au goût de miel, des maisons blanches...
On le voit, le répertoire de Marilis Orionaa épouse bien les contours
d’une géographie sentimentale. Sa voix serait à l’aise
dans ce que les Basques appellent l’irrintzina, comme dans le cri modulé
des bergers béarnais, ou le yodel des Alpins... Une flexibilité
de la voix qui se plie à tous les cris du cœur. Dans son disque
Damn, Marilis Orionaa récite aussi, un poème sans musique,
Le Marmoré, mais sa voix chante encore, sans chanter, en parlant.
Un chant profond qui n’a pas forcément besoin de musique...
Le disque Damn (en gascon, tort, damnation, châtiment), que l’on
peut trouver dans les points de vente habituels, est édité par
l’association Armugalh à Orthez (05 59 67 95 65). Il a été
enregistré avec Olivier Kleber-Lavigne, Gérard Cauquil, Nicolas
Martin-Sagarra.
René LAULHERET