TRAD
Magazine
- n°111 - janvier / février 2007
Les
Pyrénéennes de Morlaàs (64), du 23 au 27 août
Créé il y a sept ans, ce sympathique festival a pour but de présenter
les différentes facettes et richesses du Béarn et des environs
à travers la musique, le théâtre, la danse et même
les rencontres sportives. Son modeste budget ne l’empêche pourtant
pas de présenter une programmation éclectique de qualité.
Ainsi la soirée du samedi — qui se déroulait dans l’église
romane Sainte-Foy — proposait un superbe ensemble de concerts polyphoniques
: Amaren Alabak, Leyenda et Marilis Orionaa.
(…)
Enfin, le dernier concert fut certainement le plus « aventureux »
et le plus audacieux... Marilis Orionaa présentait pour la première
fois dans la région le spectacle « Techno Solo » qu’elle
avait créé en Corse il y a huit ans. Il s’agit en fait de
son répertoire habituel dépouillé de toute instrumentation
et concentré uniquement autour de sa seule voix. Grâce au travail
étonnant de son ingénieur du son et complice Gérard Cauquil
qui mixait et travaillait en direct les ornementations vocales de la chanteuse
béarnaise, on put admirer l’impressionnant « relookage »
de ses titres. Mais que l’on ne s’y méprenne pas : ce «
recyclage » ne cachait en aucun cas un manque d’inspiration. Il
s’agissait bel et bien d’un véritable travail de création
avec toutes ses difficultés et ses déboires. Ainsi, après
l’échec d’un effet spécial censé reproduire
l’arrivée du train en gare d’Oloron, Marilis dut tout reprendre
depuis le début... Elle le fit de bonne grâce et avec beaucoup
d’humour, d’autant que le concert faisait l’objet d’un
enregistrement en vue d’un prochain album live... Elle nous offrit aussi
un duo avec le chanteur Jean-Luc Mongaugé. Enfin, c’est sous les
ovations et les fleurs que Marilis Orionaa, Amaren Alabak et le trio Leyenda
se retrouvèrent sur scène pour entonner à l’unisson
avec le public un « Aqueros mountanhos » de toute beauté.
Une superbe soirée venait de s’achever à Morlaàs.
Longue vie à ces Pyrénéennes et vivement l’année
prochaine !
Bernard JEAN
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LA
RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES -
mardi 21 novembre 2006
[texte intégral de l'article paru en version abrégée dans
La République et l'Éclair des Pyrénées]
Nousty
- Spectacle
Marilis Orionaa fait vivre le Béarn
On aurait pu être amenés à penser que l’âme
du pays béarnais était en grande partie contenue dans son folklore
traditionnel. Marilis Orionaa nous a montré que ce qui paraissait figé
pouvait encore vivre et servir de trame à une véritable création.
À voir ses mains jointes agrippant le micro en une supplique passionnée,
on a envie de toucher ses doigts pour qu’ils nous communiquent cette flamme
d’amour qui la consume pour le pays et le parler de chez nous. Toutes
ces maisons et ces lieux dont le seul nom dit toute une histoire, il n’est
que de l’entendre les chanter pour avoir envie de les voir revivre. Même
dans le lent cheminement de la vie qui s’en va, Marilis sait traduire
toutes les formes de la sensibilité et les magnifier.
Pour un hommage à la ville de Pau dont la consonance béarnaise
rime si bien avec son slogan : « Paü, casaü ». Hommage
aussi à ces femmes, proche ou lointaine, qui ont su l’amener à
exprimer avec toute son énergie la chanson et la poésie d’un
pays. Le pays, parfois qu’il a fallu quitter, pour ne plus revenir et
dire à « sourino mio », ma petite sœur, la douleur du
souvenir. C’est toujours d’amour que Marilis nous parle, celui du
« pastou » à sa « pastourette », la berceuse
— « louline » — qui a la vertu d’éloigner
« lou Bécut » et « la Came Crude », et son cantique
à la Vierge Marie qui donne la tétée au petit Jésus.
Quand il reste en soi la fibre béarnaise, on ne sort pas intact d’un
concert de Marilis Orionaa. Elle sait remplacer le goût amer d’une
foi un peu oubliée par la douceur de la vie et de la survivance. La guitare
d’Olivier Kleber-Lavigne reprend en duo le phrasé de ses mélodies
et les enfonce au plus profond de notre être. On ne fredonne pas ses chansons,
on les écoute. Et elles laissent au fond du cœur une morsure qui
est de vie et non plus de passé. Elle nous attache avec des mots, et
pour autant elle se moque des maux d’aujourd’hui. Finesse d’esprit
avec ce qu’il faut de sourire pour ramener les choses à leur juste
mesure et toujours avec beaucoup de poésie.
Longue silhouette brune, débordant d’une énergie dérangeante
puisqu’elle nous pousse à redonner à nos racines la place
qui leur revient. Telle est Marilis Orionaa et son retour au plus près
de la terre béarnaise n’est pas sans nous ravir.
Pierre LAGARRUE
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Diario del AltoAragón - 20 de Mayo de 2005
FESTIVAL
EN LA LÍNEA DE FRAGA
La magia de la voz
Gran variedad de propuestas en la programación del festival En la Línea,
de Fraga
El segundo día de Mercado Musical dentro del festival En La Línea
contó con algunas de las propuestas más estimulantes de la programación
de esta primera edición. Aunque la asistencia de público sigue
siendo tímida, la calidad de las actuaciones fue realmente alta. Tras
un primer día de Mercado, el martes, que había estado dedicado
a la escena aragonesa, el miércoles En La Línea se abrió
por el norte a Francia, por el sur a Marruecos y por el este a Cataluña
y el País Vasco.
(…)
Llegó la gran revelación del día: la cantante bearnesa
Marilis Orionaa. Su voz, misteriosa, hermosa y fascinante, parece surgir de
las mismas entrañas de la tierra. Es la voz del susurro del viento, de
la llamada de los pastores del Pirineo, del rumor que avisa de la tormenta en
la montaña. Una voz que se duplica, triplica y multiplica gracias a los
milagros de la técnica, que se mece entre ecos y bucles, que se recuesta
en el colchón sonoro que crea su propia voz. Sola, con la única
ayuda de su voz (y de su técnico de sonido, por supuesto), Marilis Orionaa
nos abrió las puertas de un mundo de seducción. Fue el avance
de una noche en la que la voz iba a ser el elemento protagonista.
Luis
LLES
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CENTRE
PRESSE
LE JOURNAL DE L’AVEYRON
- 19 juillet 2002
ESTIVADA
DE RODEZ : deux femmes de caractère ont envoûté les spectateurs.
Mercredi, les voix de Marilis Orionaa et d’Alberte Forestier ont enchanté
le public.
Longue robe noire, cheveux aux couleurs de la nuit encadrant son visage clair,
Marilis Orionaa s’avance vers le public avec grâce. Sur l’arrière-scène,
un guitariste et un batteur-percussionniste aux yeux roulant à chaque
coup de baguette, sont attentifs aux intonations de la jolie brune, originaire
du Béarn.
Cette Esmeralda occitane mi-princesse mi-gitane a conquis le public mercredi
soir par sa voix envoûtante et sa fougue de Béarnaise et fière
de l’être. « Attention à ne pas confondre avec
la sauce ! »
D’ailleurs, pour les journalistes, les esprits maladroits ou les obtus
qui ne veulent rien entendre, une chanson leur est spécialement dédiée.
« Parce que » : « Parce que j’en ai marre de justifier
pourquoi je chante en occitan. Maintenant je sais quoi répondre. Ce n’est
pas moi qui chante en occitan, c’est l’occitan qui chante en moi
».
La princesse du Béarn sait mettre le public, (déjà conquis
à l’avance !), de son côté. La voix de la belle faisant
le reste !
Un rythme africain nous emmène vers le Sénégal, avec la
chanson pour Léonard : « Un étudiant de Dakar beau comme
un prince, rencontré à Toulouse, qui aurait pu être mon
mari. On aurait eu des enfants bilingues parlant l’occitan et le wolof.
Et j’aurais partagé avec mes co-épouses le ménage
», dit-elle avec un sourire malicieux.
Aux accents arabo-andalous, la jeune chanteuse fait envoler sa voix vers les
étoiles, reprise avec talent par les percus et la guitare. La Béarnaise
chante son pays avec amour et nostalgie, avec un hymne aux disparus de la Grande
Guerre, « particulièrement au premier sur la liste du monument
aux morts de mon village, Jean Casenave ».
Une longue plainte déchire alors la profondeur de la nuit, tandis que
le public assis se laisse charmer par la voix puissante de la belle dont les
sortilèges ont une fois de plus agi le temps d’une soirée
(…)
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SUD OUEST DIMANCHE - dimanche 16 juin 2002
L’envoûtante
et lumineuse Marilis Orionaa
Luxey. La chanteuse et poétesse clôture aujourd’hui la première
saison des Dimanches de Musicalarue
Il y a dix ans, Marilis Orionaa abandonnait le professorat de lettres classiques
pour chanter. Originaire de Balansun, près d’Orthez, la chanteuse-poétesse
illumine depuis, de sa voix superbe et délicate, le paysage culturel
occitan.
Sans mot d’ordre militant, elle nous conte simplement, dans une langue
magnifiée, le vent du Sud, les gens et les villages, la silhouette des
montagnes de son Béarn natal.
Chanteuse française d’expression béarnaise, comme elle se
définit elle-même, elle ne dresse pas un poing rageur pour défendre
sa langue et sa culture, mais en use simplement avec une grande élégance.
Marilis Orionaa est envoûtante. Elle ne triche pas. Sur scène,
celle qui se pense simplement en « Française d’expression
occitane », n’enveloppe pas son spectacle de fioritures inutiles,
mais laisse parler sa voix qui se mêle avec délice à la
guitare hispanique d’Olivier Kléber-Lavigne et aux percussions
subtiles de Nicolas Martin-Sagarra. Son premier album, « Ça-i
! », a légitimement reçu le grand prix du disque de
l’Académie Charles Cros en 1997. Gageons que le second, «
Femelís », saura se distinguer de la même manière
dans les bacs. Il le mérite.
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SUD
OUEST - mardi 6 novembre 2001
Montfort
en Chalosse
Trois étoiles ont brillé
Magnifique soirée dans le petit carré de ciel de la Maison arts
et loisirs. Le gascon y avait aussi sa place.
Magnifique Marilis Orionaa dans son joli prénom fleurant bon les grand-mères
d’autrefois et qui revient à la mode. Magifique Marilis dans sa
robe noire et sa chevelure de comète, comme l’a si bien traduit
Maurice Gassie en l’accueillant. Magnifique dans sa voix, dans son accent
du Béarn. Magnifiques aussi, Olivier et Nicolas, les deux musiciens qui
accompagnaient Marilis en cette soirée de charme.
Elle a traduit d’une voix douce son Beth cèu de Pau sous
ce ciel de Pau « on lo monde son vestits de nau ». Elle
a traduit des mots de rêve. « Quand je serai vieille, très
vieille, je me ferai bergère, j’irai très haut, très
haut dans la montagne et je garderai les nuages. »
Marilis a fait vibrer les murs de la maison qui lui rendaient l’écho
de sa voix forte, presque sauvage qu’ont les bergers appelant leur troupeau,
de l’autre côté de la vallée. Marilis a eu des mots
chantants et passionnés très évocateurs. « Le
temps où l’on se partageait le chocolat et les garçons.
» Elle a chanté des mots doux, des mots d’émotion
et qui sont montés vers ce grand jardin de l’éternité
que cultivent nos êtres chers. Marilis a raconté l’histoire
de la Cama Cruda qui terrorisait les enfants.
Ce soir, le public a vécu la complicité entre une chanteuse à
la voix inimitable, un guitariste magicien dans ses cordes de cristal et un
percussioniste virtuose, imprimant sur les peaux toute sa force, tout son talent,
toute son ardeur.
Ces trois étoiles qu’auront fait briller un peu plus les machinistes,
artisans dans l’ombre qui sont la vie d’un spectacle. La chanteuse
à la chevelure de comète s’est présentée comme
la jeune fille sentimentale et inexpérimentée qui est tombée
amoureuse d’un garçon dans sa chemise bleue. A cette soirée,
tout un public est tombé amoureux d’une vahiné des Pyrénées.
A.B.
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SUD
OUEST - samedi 24 mars 2001
La
diva du Béarn
Le centre culturel de Captieux a invité aujourd’hui, samedi 24
mars à 21 heures, Marilis Orionaa.
Avec son nom exotique, Marilis Orionaa pourrait venir de quelques terres lointaines,
battues par les vents ou à la flore exubérante. Avec sa fontaine
de cheveux noirs et son regard habité, elle pourrait venir d’une
autre époque, bergère échappée d’une légende
moyenâgeuse ou encore fée douloureuse et sage d’une histoire
d’autrefois. Avec sa voix profonde, puissante, bouleversante, baladeuse
et libre, elle pourrait chanter l’histoire de n’importe quel peuple
issu de la terre, voix unique pour un chant universel.
Marilis Orionaa vit aujourd’hui et elle est Béarnaise. Ce que transporte
son chant, fier comme un sommet, bouillonnant comme un torrent, clair comme
une aube franche sur les vallons pyrénéens, c’est toute
la richesse de sa langue béarnaise aux paysages forts, à la vie
rude, au climat tranché. Cette « bergère des nuages
» envoûte par son chant qui résonne comme un blues de
son pays, dans une langue qui accroche, aux sonorités oubliées,
portée par les arabesques de mélodies anciennes qui tantôt
soufflent comme le vent dans les vallons, tantôt se posent et s’adoucissent,
tantôt éructent comme la tempête hurle dans le creux des
roches. Et si Marilis est rivée à la terre du Béarn, ce
n’est pas dans un esprit passéiste ou bêtement nostalgique.
Elle estime d’ailleurs que « l’occitanisme nationaliste
est un véritable ghetto ». Elle chante donc les petites histoires
des gens du cru, des histoires de vents et de maisons, de vaches et de moutons,
mais elle fait aussi éclater sa colère pour dénoncer le
saccage de ses montagnes.
L’accompagnement acoustique se fait autour d’elle minimal, porté
par la guitare cristalline d’Olivier Kléber-Lavigne et les percussions
métissées de Nicolas Martin-Sagarra. Cet écrin musical
universalise son chant, et prouve que la musique occitane peut sortir de son
carcan régionaliste folklorique pour devenir un authentique chef-d’œuvre.
Entre ses interprétations, Marilis fait quelques commentaires au gré
de l’atmosphère sur la vie et la mort, les hommes et les femmes,
les fées ou le fromage industriel.
Femme de tête et de lettres (elle fut professeur avant de démissionner
pour cette carrière de chanteuse), elle fera vibrer d’émotion
le centre culturel de Captieux, au cours d’un concert filmé par
FR3 Aquitaine
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SUD OUEST - mardi 3 janvier 2001
Concert
de Marilis Orionaa
Le
dernier concert de Cultures d’automne fut pour le public un bien beau
cadeau de Noël. Seule sur scène, en totale complicité avec
son technicien, Marilis nous offre ses voix, de tout son cœur.
D’abord une femme qui raconte, qui parle, comme à la veillée.
Puis, elle lance sa voix, le chant s’élève, poignant, émouvant,
puis démultiplié, comme un écho magique venu des montagnes.
Elle s’accompagne. C’est beau, pur et époustouflant.
Le chant profond de Marilis Orionaa, venu du fond des âges, soutenu et
amplifié, magnifié par la technologie, a tenu sous son charme
la salle entière.
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MIDI
LIBRE - lundi 21 février 2000
Voyage
vers l'orient béarnais avec Marilis
Le Cercle occitan a offert là un spectacle tout de hauteur
Tour à tour enchanteresse, bergère, femme d’instinct amoureux
ou « brouche », sorcière éloignant les sortilèges
de la mort, telle est apparue Marilis Orionaa, samedi soir, sur la scène
du théâtre municipal. Au cours de la première partie, la
chanteuse béarnaise a présenté les mœurs et coutumes
de sa petite patrie pyrénéenne. Elle l’a fait sur le mode
malicieux et gentil que les Béarnais affectionnent tout particulièrement.
Mais c’est surtout jouant sur le registre de sa voix étrange, comme
surgie d’un autre temps, avec des cris venus de l’Orient lointain
et compliqué, que la belle a parlé de sa vie de tous les jours,
de l’amour, de la mort, de la souffrance et de la guerre.
Dans une complicité de l’ordre amoureux avec son compagnon, ingénieur
du son, le Biterrois Gérard Cauquil, Marilis Orionaa nous a donc offert
des échos de voix, aussi émouvants que ces appels sifflants que
se faisaient jadis les bergers dans la montagne pyrénenne. Une vraie
prouesse technique réalisée entre la chanteuse et le technicien,
dans un théâtre résonnant comme une clarine de vache béarnaise.
Que dire de la seconde partie, si ce n’est qu’elle fut sublime,
de bout en bout. Accompagnée par le guitariste Olivier Kléber-Lavigne
qui sortit de son instrument des sons venus d’un Sud tragique, Marilis
fut d’ombre et de lumière. Nicolas Martin-Sagarra, sur ses percussions,
donna le rythme à ce spectacle syncopé et l’on entendit
toute la tragédie du monde rouler, comme le gave de Pau en furie, sur
la scène, devenue andalouse, de ce pourtant très italien théâtre.
Jacques CAZABAN
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FAC TOTUM - décembre 98
Marilis
Orionaa au Café Show vendredi 11 décembre
Les fans de la biquette au franc parler gascou viendront se régaler de
sa voix superbe, de sa poésie et de son sale caractère (indissociables),
au Café Show vendredi 11, avant qu’elle ne s’envole pour
la Belgique et les Pays-Bas. Nous ne manqueront pas nous non plus l’appel
des cimes : lors du précédent concert, on a failli acheter un
assimil béarnais tellement c’était beau. Mais, s’il
te plaît, Marilis, arrête de te cacher derrière tes cheveux,
ils prennent toute ta place.
Anne
SÉRIS
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MIDI
LIBRE - mercredi 15 juillet 1998
Concert
lundi au grand théâtre : après l’orage d’été,
le bonheur d’un soir
A peine une heure avant le concert de lundi soir, l’orage éclate…
Aussi rapidement que la pluie s’est mise à tomber, elle s’arrête.
Elle laisse le ciel et le rues vides et pures. Quel contraste avec la veille
: chaque recoin de la ville retentissait et vibrait en scandant un seul cri
: on est champion du monde !
Lundi soir, l’Occitanie recevait le Pays Basque, le Béarn et la
Catalogne. Du haut du théâtre de la Cité, les Joaldunacks
descendent les marches en faisant sonner leurs sonnailles placées dans
leurs dos. En face au dessus de la scène, les Basques leur répondent
en tapant sur des percussions ancestrales. Les premiers mots en langue d’Oc
sont prononcés par Robert Marti. Conteur émouvant, fier ambassadeur
de l’Occitanie vivante, il a été un merveilleux guide. La
première voix à retentir dans la cité fut celle de la Béarnaise
Marilis Orionaa. Accompagnée de deux musiciens, cette fée des
montagnes béarnaises a été la plus belle surprise de la
soirée. D’une voix ondulante, entre l’Orient et les cours
d’amour médiévales, elle conduit le public dans des courses
enfantines, sur des terres brûlées par le vent d’Espagne,
au creux des bras d’un berger amoureux. Puissant et presque religieux,
le chœur Oldarra succède à la précieuse Marilis. En
racontant leur peuple, leur langue, ces quarante Basques ont fait réellement
vibrer les vieilles pierres. Le final était signé par Luis Llach,
la voix de la Catalogne. La silhouette aussi noire que son piano, il a raconté
un peu de sa Catalogne. Le spectacle s’est terminé par un Se
canta général avec le public debout, frigorifié et
ému.
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LA
NOUVELLE REPUBLIQUE DES PYRENEES
- jeudi 7 mai 1998
Théâtre
des Nouveautés
« Mon pays ma langue... »
« Mon pays, c’est ma langue... ». Beaucoup d’émotion
hier soir au Théâtre des Nouveautés avec le concert de Marilis
Orionaa organisé par Radio Païs en Bigorra.
Bigourdans, Béarnais, Gascons, Occitans... chacun pouvait se retrouver
dans cette voix pleine de fougue et de sensualité.
Toute de noir vêtue, Marilis Orionaa donne vie à son pays, sa langue
par petites touches, sans ostentation. Mais la passion couve... «
J’aimerais être une chanteuse engagée... mais il faut avoir
conscience de ses limites. Et j’ai toujours préféré
la poésie aux slogans... » confie Marilis au détour
d’une chanson qui pointe l’inconséquence, véritable
danger qui guette son pays.
Un pays de hautes montagnes où Marilis, un jour, quand elle sera vieille,
très vieille, très très vieille, ira garder les nuages.
Au fil des ballades, accompagnées par la guitare d’Olivier Kléber-Lavigne,
on se laisse emporter dans un tourbillon onirique où se croisent fées
et personnages des vies antérieures de Marilis. Un univers nourri de
tradition occitane mais 100% vitaminé avec des apports extérieurs
comme les percussions.
Traditionnels, mâtinés d’accents « world »,
les chants et la musique de Marilis se dégustent sans modération,
lentement, les yeux mi-clos...
Un univers que l’on peut retrouver dans le dernier album que la chanteuse
béarnaise vient d’enregistrer à Bordeaux en résidence
au Théâtre Molière-Scène d’Aquitaine.
A.P.
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LE
COURRIER DE L’OUEST DIMANCHE
- dimanche 8 mars 1998
Saint-Barthélémy
Marilis et El Cabrero transportent leur public
Une authentique Béarnaise et un Sévillan pur chèvre chantaient
l’une « tout simplement » et l’autre du flamenco,
vendredi soir au THV. Marilis Orionaa et El Cabrero ont transporté leur
public très loin d’ici !
Les voyages forment la jeunesse, les concerts de la série Découvertes
des musiques du monde du THV aussi : la soirée de vendredi était
exemplaire sur ce point, avec deux dépaysements de part et d’autre
des Pyrénées. En première partie, la chanteuse d’origine
béarnaise Marilis Orionaa, accompagnée par l’excellent guitariste
Olivier Kléber-Lavigne et le talentueux percussionniste Nicolas Martin-Sagarra,
ont donné un vibrant aperçu d’un genre plutôt méconnu
sur les bords de la Loire : le bel canto du pays d’Oc, du Béarn
plus particulièrement, servi par une voix dont les performances n’ont
rien à envier à de nombreuses autres stars de la chanson, humour
et originalité en prime !
Le « grain de maïs » qui fait gentiment chevroter
les refrains en langue du pays d’Henri IV n’a à ce titre
d’égal que la façon exquise avec laquelle Marilis colporte
la tradition de son « païs » natal, jusques et y compris
le chant amoureux de la quadrisaïeule paysanne à l’adresse
du quadrisaïeul berger d’un versant à l’autre de la
montagne, amplifié par la chambre d’écho (du THV) avec une
magnitude force 6 ou 7 sur l’échelle de Vénus ! Mais attention,
producteurs de disques, on ne badine pas avec les jolies bergères (...).
Christophe
JOURNET
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SUD
OUEST - mardi 3 mars 1998
Vive
les Marie !
Soirée à deux visages hier au Molière où le Festival
Si ça vous chante proposait à la suite Marie-France,
la blonde Parisienne noctambule, et Marilis Orionaa, la brune Béarnaise
sauvageonne. Rien de commun donc entre ces deux artistes, sinon le talent et
le bonheur d’être accompagnées par des musiciens exceptionnels
(guitariste pour la première, guitariste et « quincaillerie
» pour la seconde).
Vedette du Paris la nuit, Marie-France élargit le répertoire des
garces mutines et coquines dans le sillage de Marilyn, Marie Laforêt,
Bardot, Moreau et Lio. Mais ses chansons peuvent aussi avoir les accents graves
d’une Marianne Faithfull. La blonde Marie-France a prouvé hier
soir qu’elle n’avait pas qu’un joli brin de voix. Beaucoup
d’humour aussi.
Présenter Marilis Orionaa comme chanteuse béarnaise risquerait
d’aboutir à un malentendu et ce serait dommage. Elle chante certes
en béarnais mais c’est d’abord et avant tout un auteur-compositeur-interprète
comme d’autres qui s’expriment en français mais passent d’avantage
qu’elle à la radio ou à la télévision. Qu’elle
évoque les bergères, les fées ou le massacre autoroutier
de la vallée d’Aspe, Marilis Orionaa le fait avec une voix magnifique,
coulant en cascade comme un torrent de montagne, à la fois puissante
et cristalline.
Tant pis pour le cliché, mais hier soir, cette compatriote d’Henri
IV a donné au public la chair de poule.
Benoît LASSERRE
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FAC TOTUM - janvier 98
Marilis
Orionaa jeudi 22 au Théâtre St-Louis à Pau
La voix de Marilis Orionaa court sur la terre, les bergers, les chèvres
qui grimpent dans les herbes folles, le foin mouillé et le soleil qui
joue dans les cheveux de son Béarn natal. Elle ondule fièrement
claire, tempête, crépite de toute part d’une myriade de petites
notes colorées. Le chant de Marilis Orionaa n’est jamais mièvre,
ni passéiste, seulement présent, avec intensité et passion,
à la beauté des origines. Les siennes sont béarnaises,
pourraient être kabyles, iraniennes ou slaves, qu’importe. Magnifique.
La guitare d’Olivier Kléber-Lavigne et les percussions de Nicolas
Martin-Sagarra l’illuminent, sans fioritures, sans blabla envahissant;
l’air pur, au sommet de l’Ossau. La magicienne vient au Théâtre
St-Louis le 22 à l’initiative du service culturel de l’UPPA,
envoûtement pour 30 F (étudiants, chômeurs), 50 F pour les
autres. Si vous n’aimez pas les fées, restez chez vous (1er album
: Ça-i ! grand prix du disque de l’Académie Charles
Cros en juin 97, Choc du Monde de la musique, et nomination aux trophées
de Radio-France).
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COURRIER FRANÇAIS - 21 novembre 1997
Marilis
Orionaa : l’authentique
Cette année, les journées occitanes de Dunes auront été
marquées, entre autres, par le concert de Marilis Orionaa
Silhouette fine, élancée, drapée dans une chevelure voluptueuse,
le corps tendu, énergique, telle apparaît Marilis Orionaa en scène.
Ni apparât, ni maquillage, ni jeux de scène calculés et
inutiles, Marilis Orionaa met immédiatement le public devant ce fait
: elle est authentique, elle tend vers l’essentiel.
La voix s’élève, puissante, limpide, cascadante, comme l’eau
des torrents pyrénéens. Tout de suite, cette voix nous emporte
quelque part du côté de Balansun, et pour tout ceux qui ne sont
pas de là-bas, c’est le cœur du Béarn que Marilis nous
offre. Une voix sauvage, tour à tour violence, tendresse âpre,
se faisant douceur pour une berceuse, s’élevant avec une force
inouïe dans le Ça-i !, cri que les bergers se renvoient
d’un versant à l’autre des montagnes pour s’appeler.
Marilis chante sa terre, le Béarn, avec ses mots à elle, ciselés
de poésie, ornés d’arabesques vocales. Des textes écrits
directement en béarnais, qui parlent du pays, de la lumière dorée
dans le ciel de Pau, des bruyères, de ceux qui vivent là, des
fées qui dansent les soirs de lune. Des textes qui se font cri de colère,
pour dénoncer l’avidité destructrice des faiseurs d’autoroute,
saccageant à coups de bulldozers toute une vallée.
Marilis, c’est aussi l’humour d’une pastourelle, décrivant
avec lucidité et une bonne dose d’acidité, le comportement
peu chevaleresque des promoteurs parisiens de la chanson.
Aux côtés de Marilis, deux musiciens complices : Olivier Kléber-Lavigne
à la guitare et Nicolas Martin-Sagarra aux percussions. Olivier Kléber
est impressionnant de virtuosité, ses doigts arpentent les cordes avec
vivacité, légèreté. Ses arrangements frôlent
le flamenco, flirtent avec le classique, n’appartiennent qu’à
lui et s’enlacent aux mots de Marilis.
Discrètement, les percussions de Nicolas Martin se glissent et apportent
cette vibration primitive, sourde ou aigrelette qui va droit au ventre.
Un concert de Marilis, c’est un dialogue d’amour et de poésie
entre le Béarn et le public.
Marilis chante comme elle vit : authentiquement.
Et, si vous n’avez pas eu la chance d’assister à cette soirée,
procurez-vous son CD Ça-i ! qui vient d’obtenir le grand
prix de l’Académie Charles-Cros.
Liza
AVINENC
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LE
PETIT BLEU
- 16 novembre 1997
Le
charme envoûtant de Marilis Orionaa
Jean-Claude Ulian, encore sous le charme de Marilis Orionaa,
en concert lors des journées occitanes de Dunes, nous fait part de ses
réflexions.
« Brouche » ou « hade » ? (sorcière
ou fée... en graphie phonétique).
« Brouche peut-être, répondit-elle en souriant...
parce que chez nous, les hades sont assez petites. »
C’était à l’issu du concert de Dunes et Marilis Orionaa
venait de quitter la scène d’où son univers avait envahi
la salle. La « brouche » avait-elle jeté un sort
? Un charme plutôt.
Un charme qui nous transporta le temps du récital dans son pays de «
branes » (bruyères)... celles, peut-être dont on fait
des balais. Son nid est là. A Balansun, non loin d’Orthez. Tout
naturellement, elle se définit comme chanteuse française d’expression
occitane. Plus précisément, elle ajoute « béarnaise
de la rive droite du Gave de Pau ».
Titulaire d’un CAPES de français, elle a choisi sa langue «
maternelle-paternelle » comme véhicule, loin des «
croisés de la francophonie triomphante »... mais aussi des
« militants qui se grattent les croûtes ».
Aux premiers accords de guitare, soutenus par des percussions où l’on
retrouve de vieux instruments traditionnels associés aux tambours et
cymbales modernes, l’univers s’ouvre à l’arrivée
de la voix curieuse de prime abord, rappel des voix pyrénéennes
d’appel et de chants de bergers - et de bergères - où l’on
devine l’apport d’une technique venue de la nuit des temps, elle
sait trouver des accents nouveaux et une identité propre.
Le charme agit très vite et très fort. Alors que les fées
s’ébattent sous un halo de lune (Varam de lua), se profile
l’ombre de Bégarie, poète béarnais disparu à
23 ans, en 1915, dans la grande tourmente et auteur de ce pur chef-d’œuvre
La Lua... Et Marilis, ensuite, d’évoquer ses vies antérieures
(Metempsicòsa) : vache libre de race béarnaise aux cornes
en forme de lyre, sorcière, puis dame de cour auprès de Gaston
Phœbus, rêvant en haut de la tour Moncade. Puis de nous inviter à
la suivre sur le plus haut sommet où elle devient bergère des
nuages. Une lettre à une amie rappelle la valse qu’elles tournaient
dans leur jeunesse, à l’époque où elles partageaient
le chocolat et les garçons. Nostalgie chassée par cette berceuse
pleine de tendresse, où le sommeil éloigne dans la nuit noire
le Becut et la Cama Cruda...
Dans cette nuit, par sa voix, passe la chasse du rei Artús...
Et qui sait si le rei Artús n’est pas porté par
ce « vent balaguèr » (la balaguèra) au souffle
chaud venant d’Espagne et qui, parfois, tourne les têtes. On ne
saurait citer toutes les chansons. Mais lorsque Marilis annonce «
la prière » de Roger Lapassade, nos mémoires se ravivent.
Et reviennent les souvenirs de ces heures précieuses passées en
sa compagnie. Roger est l’un des plus grands poètes béarnais
dont la modestie n’a d’égale que l’humanisme. Marilis
travaille avec lui à l’élaboration d’une édition
de ses œuvres que nous serons nombreux à classer au meilleur endroit
de nos bibliothèques.
Et si par quelque maléfice vous n’étiez pas à Dunes,
samedi, veillez l’affiche où apparaîtra Marilis Orionaa.
Lorsqu’elle chante Ça-i ! (Viens !), on ne peut résister.
Jean-Claude ULIAN
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LA PROVENCE DIMANCHE - dimanche 20 juillet 1997
Festival
Les Rencontres du Sud
Marilis Orionaa, le Béarn en Arles
La « bergère de Balansun » a fait étalage
de toute la poésie de la langue béarnaise, mélange de rudesse
et de douceur, mercredi soir dans la cour de l’Archevêché.
Douceur pour la comptine chantée à sa « petite »,
rudesse quand il s’agit de dénoncer le saccage de ses montagnes,
avec « Toca-i se gausas » (Touches-y si tu oses).
Mais Marilis reste avant tout la « bergère des nuages »,
des nuages qu’elle tutoie lorsqu’elle chante son pays, un pays riche
de ses paysages. Elle les chante lorsqu’elle parle du vent du sud, le
vent qui rend fou et qui fait rester chez soi. C’est ce chez soi qu’elle
évoque également avec Balansun, liste des noms des maisons du
village, mais aussi des bois, rivières et fontaines qui « peuplent
la vallée ».
Accompagnée de la guitare d’Olivier Kléber-Lavigne et de
Nicolas Martin-Sagarra pour les percussions, Marilis laisse aller sa voix et
les sonorités béarnaises pour retrouver cette tradition, contée
au fil des chansons. Car Marilis Orionaa, chanteuse du « païs
de las cantas », restera également une magnifique conteuse.
A.C.
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DORDOGNE
LIBRE - vendredi
19 avril 1996
La
voix de Marilis : Béarn, femme et mémoire
Marilis
Orionaa, la voix qui chante Béarn, était au programme l’autre
soir de L'Esprit des Voix
Marilis Orionaa a été dans une vie antérieure, dit-elle,
une vache béarnaise. Aimante, aimée. Depuis, elle a mangé
du lion, ce qui ne l’a pas rendue folle. Mais combattante, oui. À
voir sa silhouette noire et ses longs cheveux, son look années 60 et
à entendre son introduction en langue béarnaise sans traduction,
on pouvait craindre un retour à bien des souvenirs finis en impasse.
Mais dès qu’elle a chanté, Marilis nous a emmenés
vers son monde personnel où « ce n’est pas facile de
se faire comprendre quand on est une chanteuse béarnaise, entre les mots
d’ordre des militants et l’ignorance crasse des Frenchymen ».
Le ton est donné. Quand au son, c’est une voix magnifique, modulée
sur des vibrations et des effets d’écho issus de la tradition montagnarde,
et qui selon ce qu’on connaît peut éveiller des réminiscences
aussi bien tyroliennes que berbères. Mais c’est bien en spécificité
béarnaise qu’on est là, musicalement.
Un trio très en place et très pro, où la voix, entre guitare
et percussions, occupe toute sa place et rien que sa place. Pas d’esbrouffe,
mais du souffle.
L’hommage à la grand-mère, gardienne de vaches qui chantait
pour être entendue et comprise de son amoureux sur la montagne d’en
face, est une vraie performance, de puissance et d’effets de miroir, qui
avait tout à fait sa place dans la programmation du festival de L’Esprit
des Voix .
Sur l’esprit, justement, il y avait aussi beaucoup à entendre :
Marilis chante aussi pour essayer de combler quelque chose, puisque «
le Béarn, c’est un pays à qui on fait des trous dans la
montagne, des trous dans la mémoire, dans la langue ou à qui on
essaie de faire croire que l’avenir passe par l’autoroute ».
Bref, une région qui a dû en rappeler d’autres au public
du Périgord, en tout cas à celui, assez peu nombreux qui s'était
déplacé.
Marilis n’en oublie cependant ni le recul de l’humour, ni le moteur
de l’amour ou ses éventuels « faux problèmes ».
Quitte à rêver qu’on est débarrassé de tout
ça, qu’on a été dans une vie antérieure une
de ces aïeules brûlées parce qu’elles aimaient trop
la solitude, voire, même, encore mieux, une vache. Orionaa est sûre
d’avoir été vache un jour, mais pas n’importe laquelle
: « une Béarnaise, du temps où on les aimait, où
on ne leur coupait pas leurs belles cornes en forme de lyre, où on n’essayait
pas de les rendre carnivores ». L’actualité n’est
jamais loin, finalement, des chants traditionnels de moissonneurs, des chants
de pélerins, des odes courtoises qui se marient avec les textes d’aujourd’hui
dans un récital d’une très belle unité à la
fois sereine et combattante.
Jusqu’à chanter pour le plaisir de les prononcer dans une chanson,
la liste de toutes les maisons et lieudits de son village.
M.L.
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OUEST-FRANCE
- 8-9 juillet 1995
Une Béarnaise au Cinématographe
Je vous salue Marilis
Je vous salue Marilis pleine de grâce. Vous vous promeniez jeudi, chevelure
baudelairienne, teint opalin, corsage noir et jupe noire, un panier d’osier
à la main. Si belle. Vous avez salué et vous avez demandé
ce qu’était le Cinématographe où vous jouiez en début
de soirée. Une ancienne chappelle vous avait-on dit. Ça tombait
bien car vous avez dit chanter des cantiques en béarnais et a cappella
parfois.
Et vous êtes montée sur scène, corsage noir et jupe noire
toujours. Une madone du « País de las cantas »,
pays des chansons. Vous avez chanté en béarnais et conté
le Béarn en français, ses moissons, ses maisons, ses amours, et
ce que font ses fées les soirs de clair de lune.
Votre voix montait et nous gravissions les montagnes, accrochés à
vos cordes. Ascencion intemporelle et « a-tempo-relle », sur vos
mélodies sans tempo. Vous fermiez les yeux et nous voyions les neiges
éternelles ou les sommets de l’Atlas quand votre voix se faisait
arabesque sur les chemins des voix kabyles. Vous et votre écho avez chanté
à un fiancé de l’autre côté de la vallée.
Comme le faisait votre grand-mère gardienne de vaches au balcon de sa
montagne quand elle voulait appeler son Roméo. Vous avez aussi raconté
l’histoire de ce moissonneur trop beau et l’archet magique de la
contrebasse fauchait l’air. À la guitare alors muette, Olivier
Kléber-Lavigne semblait pleurer. Vieille vous avez dit vouloir garder
les nuages, « Pastora deus crums » et la guitare galopait.
Oscar Vasquez taisait sa contrebasse et semblait pleurer. Puis vous avez ri
tous les trois, en agitant les cloches ou en taquinant le coquin « brama-topin
» sur « Nau còps » dans la tradition béarnaise
des rondes de neuf. Un drôle d’instrument d’un drôle
de « país ». Alors du béret de Gérard
au son, je vous salue bien bas, Marilis, béarnaise entre toutes les femmes.
Véronique ESCOLANO