DAMN
Armugalh
/ Darenlà 176403
Favourite
albums of 2007
Andrew Cronshaw / fRoots magazine
![]()
Album
de l'année 2007 - Vie d'artiste
France Bleu Gascogne

NEWfolkSOUNDS
- augustus / september 2008 n°118
Jaren geleden zag ik Marilis Orionaa voor het eerst op Dranouter met een indrukwekkend
optreden. Later deed ze dat voor een select publiek nog eens over in een gedenkwaardig
concert in het Arsenaal-theater. De muziek van de voormalige schaapsherderin
is fascinerend, soms complex en toch toegankelijk. Ze zingt hoofdzakelijk in
haar eigen taal, het Bearnaise, een van de dialecten in het Occitaans. Ruim
6 jaar geleden verscheen haar laatste album Femelis, waarmee Orionaa
zeker geen productieve musikante is. Maar dat schaarse is telkens van grote
klasse. In feite is er weinig veranderd na Femelis. Nog steeds is er
de driehoeksverhouding Orionaa (zang), Olivier Kléber-Lavigne (gitaar)
en Nicolas Martin-Sagarra (percussie). Dit trio schept met een minimum aan middelen
een maximum aan muzicaal genot. Damn begint met een allegorisch gedicht
La presonèra. Het superbe liefdeslied Nau ans is er
echt een uit de school van Orionaa : na een rustig intro neemt de dynamiek en
spanning toe en grijpt het lied je bij de strot. Onvervalst Orionaa ook in de
van haar bekende zangstijl : doorspekt met natuurlijke en geenszins storende
vibraties in de tonen en doorklieft met de ijzingwekkende schreeuwen. Het natuurlijke
van de rurale omgeving in de Bearn wordt in de studio geëvenaard middels
digitale trucjes als echo en nagalm. Nog zo’n karakteristiek lied is het
repetitieve Pr’amor en het prachtige Sent Jan. In dit
hoogtepunt van de cd passeren alle Orionaa kenmerken : de verstilde, fluisterende
passages tegenover de schreeuw ; en van de opzwepende, bijna shamanistische
ritmes met krachtige percussie en gedreven gitaarspel tot de introverte melodie.
Al de composities zijn van eigen makelij, waar in het verleden nog werd geleend
en gezocht naar overgeleverde werken. Soms leunt het compositorisch tegen het
chanson aan, met name het slotnummer Ma maman est une chanteuse,
waarin letterlijk een aantal groten uit het Franse chanson passeren. Toch sijpelt
de volksmuziek uit de Bearn altijd door in Orionaa’s liederen. Het zeer
evenwichtige Damn is een perfect voorbeeld van hoe moderne volksmuziek
hoort.
Marius ROETING
La
première fois que j’ai vu Marilis Orionaa, c’était
à Dranouter il y a quelques années, dans une prestation impressionnante.
Puis elle a récidivé devant un public de choix, pour un concert
mémorable encore une fois, au Théâtre de l’Arsenal.
La musique de cette ancienne bergère est fascinante, parfois complexe
et cependant accessible. Elle chante principalement dans sa langue, le béarnais,
un dialecte occitan. Six années s’étant écoulées
depuis la sortie de son dernier album Femelís, Orionaa n’est
certainement pas une musicienne très productive. Mais cette rareté
est à chaque fois d’une grande classe. En fait il n’y a eu
que peu de changements après Femelís. C’est toujours
la relation triangulaire Orionaa (chant), Olivier Kléber-Lavigne (guitare),
Nicolas Martin-Sagarra (percussions). Ce trio crée avec un minimum de
moyens un maximum de jouissance musicale. Damn commence par un poème
allégorique, La Presonèra. La superbe chanson d’amour
Nau ans est caractéristique de l’école Orionaa
: après une intro paisible, la dynamique et la tension augmentent et
la chanson vous étreint à la gorge. Du pur Orionaa également
que ce style très reconnaissable : agrémenté dans les modulations
de vibrations naturelles jamais envahissantes, traversé de cris déchirants.
Le naturel du milieu rural du Béarn est recréé en studio
au moyen de trucages digitaux tels que l’écho ou la réverbération.
C’est caractéristique de chansons telles que le répétitif
Pr’amor, ou le magnifique Sent Jan. Sur ce sommet du
CD on retrouve tous les signes distinctifs d’Orionaa : le calme des passages
murmurés qui contrastent avec le cri ; et les rythmes cravachés,
presque chamaniques, portés par une percussion puissante et un jeu de
guitare passionné, qui alternent avec la mélodie introvertie.
Toutes les compositions sont des créations personnelles. Autrefois elle
empruntait volontiers au répertoire traditionnel. Parfois sa musique
se rapproche de la chanson, notamment dans le morceau final, Ma maman est
une chanteuse, où défilent quelques grands noms de la chanson
française. Cependant la musique traditionnelle du Béarn affleure
toujours dans les chansons d’Orionaa. Comment créer une musique
folk moderne ? Le très équilibré Damn en est un
parfait exemple.
Traduit du néerlandais par J.W.
................................................................................................................
fROOTS - may 2007 n° 287
A new Marilis Orionaa album is an occasion, and it’s never going to be
an easy thing to review or describe, nor fit neatly with other CDs in a group
review.
A striking, slim figure, with a pre-Raphaelite mane of chestnut hair, she’s
a creature of her beloved Béarn. The songs she makes draw melodically
on folk traditions and are largely in the Béarnais dialect of the Occitan
language, but she’s not a traditional singer as such, though she’s
definitely a significant character in today’s Béarnais culture.
In some ways, I suppose, though their musics and cultures differ widely, in
her individuality, strength of personality and inseparable bond with her culture
she’s a kind of Béarnais Mari Boine.
She’s an exciting, dramatic singer, oscillating from the free, edgy, ululating
reverberating wildness of a Pyrenean mountain voice to a soft intimacy when
she speaks her poetry against the musical accompaniment of her long-time band
: Arabic/flamenco-oriented guitarist Olivier Kléber-Lavigne and percussionist
Nicolas Martin-Sagarra. Producer-engineer Gérard Cauquil has also been
with her throughout, and again, out of the minimalist line-up of voice, acoustic
guitar and percussion, with creative studio work he has created a rich and complete
sound.
The songs of Damn (not a swear-word ; derived from the Latin damnum,
in Gascon it means wrong, punishment, damnation) include a fast, farandole-style
dance song directed to Saint Jean, one about the town and people of Pau, one
viewing traditional singer Rosina de Pèira, well-known since the 1970s,
as an Occitan Oum Kalsoum. There are several musically accompanied spoken poems,
including one in Greek remembering the village of Aspra Spitia, and wild mountain-calls
enclosing a memoriam in French to a loved one still alive in spirit among the
hills.
The penultimate track is a simple live recording of her explaining to a well-amused
audience why she doesn’t let her family come to her gigs. It’s in
Béarnais, but such is the musical rhythm of her speaking it isn’t
a dead patch for a non-understander, and throughout the album her transitions
between singing and speaking are very natural, flowing without the listener
really being aware of the join. In the notes she reveals her family name before
she adopted her nom-de-chanteuse, and she closes the album, in French
to a perky waltz tune, with a witty fast-worded tribute to her mother, Ma
Maman Est Une Chanteuse.
Andrew CRONSHAW
................................................................................................................
LA
RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES - vendredi 22 décembre
2006
Le style unique de Marilis Orionaa
Un nouveau disque de la chanteuse béarnaise
Dans son dernier disque, Marilis Orionaa dévoile toute la gamme
de son talent vocal.
Saluée par l’Académie Charles-Cros, félicitée
par Joan Baez à l’occasion d’un concert international, invitée
pour des festivals du Maroc à la Finlande, Marilis Orionaa continue son
bonhomme de chemin parsemé de chansons très personnelles.
Elle a un style unique. Elle peut chanter en occitan, en français ou
en grec comme dans son dernier disque Damn, qui vient de sortir, elle
n’en demeure pas moins inimitable.
Sa découverte du peintre Ugarte est l’objet d’une chanson,
comme aussi cette ode à la ville de Pau, déjà enregistrée
mais réinterprétée, son hommage à la chanteuse Oum
Kalsoum, cette évocation de la maison « casa caseta »
qui fut aussi le nom de la villa béarnaise de Simin Palay, à l’entrée
de la Vallée Heureuse ou encore, les souvenirs de cette ville blanche
de Grèce, de son enfance au goût de miel, des maisons blanches...
On le voit, le répertoire de Marilis Orionaa épouse bien les contours
d’une géographie sentimentale. Sa voix serait à l’aise
dans ce que les Basques appellent l’irrintzina, comme dans le cri modulé
des bergers béarnais, ou le yodel des Alpins... Une flexibilité
de la voix qui se plie à tous les cris du cœur. Dans son disque
Damn, Marilis Orionaa récite aussi, un poème sans musique,
Le Marmoré, mais sa voix chante encore, sans chanter, en parlant.
Un chant profond qui n’a pas forcément besoin de musique...
Le disque Damn (en gascon, tort, damnation, châtiment),
que l’on peut trouver dans les points de vente habituels, est édité
par l’association Armugalh à Orthez (05 59 67 95 65). Il a été
enregistré avec Olivier Kleber-Lavigne, Gérard Cauquil, Nicolas
Martin-Sagarra.
René LAULHERET
................................................................................................................

Pr'amor
Armugalh / Darenlà 176402
LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES - lundi 23 décembre 2002
PORTRAIT
DE FEMME
Marilis Orionaa, poétesse
et chanteuse
Marilis
Orionaa sort un disque de trois titres, Pr’amor, en attendant
son prochain album, prévu pour le printemps 2004.
REPÈRES
Née à Aix-en-Provence d’un père béarnais et
d’une mère moitié béarnaise moitié bretonne.
Enfance en Guinée, en Grèce, un peu en Béarn, dans l’Essonne…
Adolescence en Ariège entre deux frères rugbymen. Etudes de lettres
à Toulouse. Maîtrise de lettres sur « Le thème
de l’amour dans l’écriture de Marguerite Duras »,
puis CAPES. Professeur à Toulon, Grasse, Maubeuge, Pau, Mourenx, Orthez.
1990 : premier concert chez Rosina de Pèira. 1992
: rencontre avec Gérard Cauquil. 1994 : 1er
grand festival international en Belgique, démission de l’Education
Nationale. 1995 : rencontre avec Olivier Kléber-Lavigne
et Nicolas Martin-Sagarra. 1996 : premier album, Ça-i
! 2001 : Femelís.
2002 : Pr’amor
AUTOPORTRAIT
« Physiquement on est comme on est, avec plus ou moins de charme :
l’étymologie du mot charme, c’est quand même le pouvoir
magique de la poésie, donc ça me convient bien. A part les jours
de concerts, où c’est la fête, je suis une solitaire. J’ai
horreur des mondanités, de la convivialité forcée. J’aime
le silence, l’intimité. Je rumine comme une vache béarnaise
».
«
Pr’amor de l’Om Kalsom » (à cause d’Oum
Kalsoum) : les premiers mots du nouveau single de Marilis Orionaa s’envolent
sur de superbes entrelacs de guitare et de percus, comme l’écho
d’une genèse. L’Oum Kalsoum de Marilis, c’est Rosina
de Pèira : « J’ai quatorze ans, peut-être, quand
j’entends cette voix magnifique, si différente. Je croyais qu’on
n’avait pas le droit de chanter comme ça, un chant a cappella,
très ornementé. A quinze ans, j’écoutais aussi des
cassettes de Siros, j’étais fascinée par les chants des
Pyrénées ».
Bien des années plus tard en 1990, Marilis rencontre enfin Rosina , qui
la pousse illico sur les planches de sa ferme ariégeoise. Marilis passe
la rampe et s’ouvre la voie à bien d’autres scènes.
Pour son premier grand festival international, en Belgique à l’été
94, elle chante devant 15 000 personnes. Joan Baez est là, sur le plateau,
en coulisse. Elle écoute, apprécie. Sacré encouragement.
Quelques semaines plus tard, à la rentrée, Marilis jusqu’alors
prof de lettres, quitte l’estrade de l’Education Nationale, où
elle se « flinguait la voix ».
Cette voix, reconnaissable entre toutes, porte depuis sa poésie dans
toute la France, mais aussi du Portugal à la Finlande. Partout la chanteuse
impose son port, son regard, ses textes. Après la rencontre, fondamentale,
avec Gérard Cauquil, ingénieur du son et plus, car affinités,
Marilis a trouvé des musiciens pour l’accompagner sur sa route
: le guitariste Olivier Kléber-Lavigne, et le percussionniste Nicolas
Martin-Sagarra. Alchimie rare.
En 1996, sort le premier album, Ça-i !, qui reçoit le
Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros. Cinq ans plus
tard, Femelís décrochera quatre « forte »
Télérama et une couronne d’éloges internationaux.
La critique est unanime : si Marilis Orionaa ancre son chant dans la tradition
pyrénéenne, c’est pour mieux la dépasser.
« Je ne suis ni un porte-drapeau, ni une artiste officielle : je chante
en occitan parce que l’occitan chante en moi » note «
la diva du Béarn ». Et, dans un sourire : « Je suis
une chanteuse béarnaise mondiale ». Référence
à Marguerite Duras. Elle trace ainsi sa propre voie, forcément
singulière, empruntant au gave ses méandres et ses courants, ses
crues et ses étiages.
Un jour, une « major company » a sonné à
la porte, bien sûr. Mais les discussions ont été vaines
: impossible d’enfermer l’oiseau, de lui imposer des titres en français,
de la séparer de ses musiciens. Rétive au formatage, Marilis Orionaa
est plus à l’aise dans sa « minor compagnie »,
l’association Armugalh. Pour sortir Femelís, après
deux ans de gestation, elle lance une souscription. Son public suit, comme un
belle preuve d’amour. En 2001, le disque est mis en boîte, et la
« major », aussi, dans une pastourelle devenue célèbre.
Aujourd’hui, Armugalh a d’autres projets de productions, dont un
disque de Rosina de Pèira. Tout un symbole , rappelant que Marilis Orionaa
n’est pas du même univers que l’envahissante école
québécoise, ou que la « Star Academy ». D’ailleurs,
elle n’a pas la télé. Ainsi, sa fille échappe au
pire. Par contre, Marilis fait tourner le meilleur sur ses platines (de Janis
Joplin à Carla Bruni, actuellement)
Marilis Orionaa goûte sa liberté. Ici, pas de calcul d’épicier
: « Je mets mon cœur sur la table ». Et c’est
du producteur au consommateur. Dans la bâtisse du XVIIIe siècle
qu’elle retape, dans un village près d’Orthez, la poète
et chanteuse retrouve régulièrement Nicolas et Olivier. Répétitions
et créations : le son évolue, à la recherche de nouvelles
voies, de nouvelles plages, « et quant c’est prêt, ça
sort ».
Les trois titres de Pr’amor marquent l’état actuel
de cette quête, en attendant le troisième album, prévu pour
le printemps 2004. Les fidèles mesureront le chemin parcouru ; le novice
y trouvera une porte royale pour entrer dans l’univers de Marilis Orionaa.
Pour tracer son portrait de femme l’artiste préfère aux
questions tendre son disque, avancer son chant , sa poésie, sa musique.
Elle a raison, sûrement : tout est là.
Bruno ROBALY
................................................................................................................

Femelís
Armugalh / Darenlà 176401

TÉLÉRAMA n°2740 - 17 juillet 2002

Formidable
chanteuse, saluée dans les festivals hexagonaux et européens et
par la presse étrangère, la Béarnaise Marilis Orionaa avait
remporté le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros il y a
cinq ans, avec son premier album, Ça-i ! Le nouveau, Femelís
(« les femmes »), est un joyau.
La voix ardente et aérienne vous entraîne, vous enchante. Les musiciens,
Olivier Kléber-Lavigne aux guitares, Nicolas Martin-Sagarra à
la batterie et aux percussions, jouent la caresse ou le vif-argent, mêlent
intimement des couleurs d’en deçà et d’au-delà
des Pyrénées, et d’ailleurs : ainsi ces échos africains
voyageant sous l’aile des palombes (Palomas)... Les chansons
content en béarnais (la pochette donne la traduction) le vol des oiseaux
et le passage du pèlerin, le départ du poilu et l’exil du
réfractaire, la vie et la mort des amours.
Chroniques gasconnes, jusque dans le moqueur titre final et français,
où la « belle indigène / du bassin d’Aquitaine
» envoie paître un producteur, préférant son
« expression vernaculaire » à une « musique
transgénique ». La musique de Marilis, enracinée et
vagabonde, nourrit la mémoire d’une vitalité vocale et orchestrale
enthousiasmante. Coup de cœur.
Anne-Marie PAQUOTTE
................................................................................................................
fROOTS - APRIL
2002
It’s
five years since Marilis Orionaa’s cover-feature in fRoots, at
the time of her first CD, Ça-i ! She still hasn’t performed
in Britain, but she has showed up from time to time in other Europeans countries,
including the 2001 Kraustinen festival where her passionate Béarnais-language
singing and dramatic appearance (a slender figure with her waist-lenght cape
of hair glowing chestnut in the backlight), created a stir.
Her voice is very distinctive, capable of stridency and wild ululation but also
great delicacy and warmth. She often inserts bursts of fast-quivering vibrato
into the middle of even quite short notes, but leaves the ends of long notes
starkly non-vibrato; there’s not a hint of flabbiness nor plumminess.
The songs are as strong as her voice and their melodies, by Marilis and occasionally
other band members, and her lyrics, are continuous with the shapes and subjects
of tradition. She’s not imitating the music of the past but working within
it and springing from it to speak for herself. This can be heard in the words
of a woman to her child, a letter from a Béarnais emigrant in America,
a song to the man whose name is at the top of the list on the war memorial in
the village of Balansun, a song of ”love and alcohol”, and a waltz
to a friend that ends ”when we divided half and half, the chocolate and
the boys”.
She’s accompanied live on Femelís, as she was on Ça-i
!, just by Olivier Kléber-Lavigne’s spanish guitar, wich is
flamenco and perhaps African and South-American inflected but of very individual
inspiration, and Nicolas Martin-Sagarra’s equally personal, sparse, clicking,
clattering percussion. Just one track features a guest, Pascale Respaud on diatonic
accordeon. As before, Gérard Cauquil is producer, sound engineer and
even sleeve photographer. Credits for coiffeur, ”stylisme” and ”conseil
de communication”, to her ”taties” Marie, Thérèse
and Marie, reflect Orionaa’s delight and immersion in the culture and
communities of Béarn.
A splendid album from an intense, magnificient singer, absolutely the sort of
thing that shouts to the world of the energy, fertility and differentness of
European roots musics evolving in the 21st century.
Andrew CRONSHAW
................................................................................................................
SUD OUEST DIMANCHE - dimanche
3 mars 2002
La
vahiné des Pyrénées
Femelís. Parce qu’elle croit dur comme fer au triomphe
final du matriarcat. Parce qu’elle chante à la première
personne et que ses personnages sont des femmes. Parce que Femelís
rime avec Marilis. L’Orthézienne quitte régulièrement
sa tanière villageoise pour s’en aller chanter en Belgique, au
Japon, en Allemagne, en Finlande et partout en France où les œillères
des pisse-froid ne sont pas trop légion. Son béarnais chanté
n’a guère besoin de papiers pour traverser les frontières.
Marilis Orionaa sort ces temps-ci son deuxième album et le bijou est
au rendez-vous.
« J’y raconte ma vie », annonce la chanteuse. «
Ce sont des choses que j’ai vécues ou des personnages que j’ai
rencontrés. » Car si Marilis Orionaa chante et donne, c’est
qu’elle reçoit et écoute beaucoup. Des anciens notamment,
dont elle va sauvegarder, magnéto en main, des mots et une langue avec
qui elle fait corps, plus que jamais. Cela donne Jean Casenave, ou
les souvenirs d’une voisine centenaire (en photo au dos du livret), à
l’irréductible amour d’enfance.
De sa chanson fétiche qui lui a valu son surnom (Pastora deus crums,
la Bergère des nuages) à Lo Bordon en passant par
Palomas (« ce que se disent les palombes les matins d’automne
quand il fait beau à l’ouest des Pyrénées »,
légende-t-elle), Marilis Orionaa creuse son sillon musical, de sa voix
sauvage. Loin des sabots folkloriques que les urbains pédants veulent
lui faire chausser, loin aussi des étendards que des militants obtus
veulent lui faire brandir. « Je suis pour une Occitanie incarnée
», résume l’artiste. « La haine du français
de certains occitanistes me révulse : je suis une chanteuse française
d’expression occitane. »
Tous les textes de Femelís sont donc en occitan, mais sont
chacun joliment traduits sur le livret du disque. Tous ? Non, un dernier titre
résiste encore et toujours à l’envahisseur sectaire : dans
l’ultime Pastourelle, Marilis Orionaa y force volontiers les
clichés, se mettant en scène, bergère des Pyrénées,
recevant la visite d’un avide producteur de world music.
Pour ce deuxième album, les majors ont fait le voyage en Béarn
afin de persuader Marilis de signer. Ils sont repartis bredouilles, l’artiste
restant dans sa « minor compagny » associative, loin des
bacs à disques de world où les CD sont vendus comme des yaourts.
Femelís n’aura pas de pub à la télé,
entre le forfait d’un portable et une assurance-vie. Femelís
est une œuvre diablement vivante.
Accompagnée sur ce disque de ses deux musiciens fidèles (Olivier
Kléber-Lavigne à la guitare, Nicolas Martin-Sagarra aux percussions),
Marilis Orionaa fomente d’ores et déjà d’autres projets
: Techno-gala (voix et machines), un live et un nouveau spectacle
en trio.
Yannick DELNESTE
................................................................................................................
4 VENTS CULTURE EN BÉARN-BIGORRE-GASCOGNE-LANDES-PAYS
BASQUE - janvier / février / mars 2002
Ouf,
elle a enfin décidé d’arrêter de jouer l’Arlésienne,
Marilis, avec sa production discographique. L’attente a été
longue, mais au final, nous ne sommes pas déçus du voyage. Peut-être
tout simplement a-t-elle été cette pastourelle du chobiz dont
elle parle avec tant d’humour, ce qui ne facilite pas forcément
les démarches. Bon, pour revenir à l’album proprement dit,
disons qu’il reste dans la même veine que le premier, en plus abouti
sur le plan musical, plus varié aussi. La voix n’a pas changé,
toujours si particulière, cristalline, vibrante, portant avec conviction
des textes qui parlent d’amours contrariées, d’enfants à
bercer, de voyages sans retour. Cet opus, on perçoit que c’est
aussi peut-être celui des des interrogations sur le temps qui fuit, la
maturité qui arrive, les amitiés perdues. Maturité, vous
avez dit maturité ? C’est le mot qui définirait presque
Femelís duquel on ne peut dissocier les deux musiciens qui permettent
de créer cette ambiance si particulière, Olivier Kléber-Lavigne
et Nicolas Martin-Sagarra, subtilement emmêlés aux arabesques de
la belle. Si l’on ajoute les photographies de Gérard Cauquil et
la mise en image graphique de Fabrice Mallorca, on a là un album frais,
grave et beau à la fois.
Pierre DE NODREST
................................................................................................................

Ça-i
!
Trema / Sony Music 710728

Sélection
Disques de l'année 1996 / Libération
LE MONDE DE LA MUSIQUE - n°215, novembre 1997
La
muse du Béarn
Belle découverte de la world music européenne, Marilis Orionaa
est une étrangère dans son pays. Après un premier album
acclamé par la critique et salué d’un « Choc »
du « Monde de la Musique », c’est maintenant l’Académie
Charles-Cros qui s’incline devant son art.
Beauté naturelle et regard profond, Marilis Orionaa est un cas résolument
atypique de la scène musicale française. Exotique dans son propre
pays, cette ancienne prof de lettres se consacre à la chanson depuis
sept ans. Mais... en béarnais. Un versant de la langue occitane qu’elle
revendique comme une valeur culturelle primordiale. A l’étrangeté
de la langue, Marilis ajoute une façon de chanter fort inhabituelle,
où le tempo se révèle un paramètre aléatoire.
Sans aucun artifice scénique et avec un accompagnement acoustique minimal,
elle séduit essentiellement grâce à la beauté sauvage
de sa voix, s’appuyant sur les accents toniques et les diphtongues et
usant d’un tempo fluctuant. Par sa façon tout à fait personnelle
de constituer son matériau, elle est aussi une chanteuse contemporaine
inclassable. Une voix tendre quand elle chante la nature, passionnée
quand il s’agit de l’amour, ferme et violente lorsqu’elle
fait référence à l’oppression endurée par
la culture occitane. Révoltée, elle revient aux écoles
avec ses chansons « pour rendre aux enfants ce qui leur appartient,
leur langue, leur culture ».
Francisco CRUZ
................................................................................................................
POLITIS - 19 juin 1997
L’Académie
Charles-Cros vient de fêter son cinquantième palmarès. Une
belle brochette d’anciens et nouveaux lauréats y participaient.
Parmi ces derniers, ou plutôt ces dernières, on a beaucoup remarqué
la voix et la belle présence de la chanteuse béarnaise Marilis
Orionaa. De Balansun, son village entre Pau et Orthez, en festivals (Côte
d’Opale, Saint-Chartier), cette ancienne prof de français s’est
déjà taillé un début de (bonne) réputation.
Ce premier disque est une réussite, d’abord par la grâce
d’une voix puissante et fortement expressive, aux légers trémolos
d’une sauvage beauté. Parfois, Marilis convie des voix amies, qui
conversent dans la langue du pays. Un pays fier et menacé, que ses habitants
ont appris à défendre, et c’est l’un des sujets des
chansons qu’elle écrit, outre les ballades traditionnelles qu’elle
reprend ici (« Ne les laissez pas creuser les Pyrénées
et saccager la vallée »).
Jacques VASSAL
................................................................................................................
CHORUS - n°19, avril-mai-juin 1997
A
l’entendre dans ce premier album, on saisit tout de suite que Marilis
Orionaa est bien de quelque part, d’un lieu que restituent accent tonique,
son d’une faux qu’on aiguise (et qui ferait un bel accompagnement),
voix rocailleuses, voix d’enfants ou mélodie instrumentale de Beth
cèu de Pau à la scie musicale.
Marilis Orionaa a une voix de plein vent. De celles que l’écho
renvoie d’un versant à l’autre de son Béarn natal.
La langue dans laquelle elle chante a voyagé, humblement, dans la mémoire
des hommes — à pied, des Pyrénées à la vallée
de l’Adour, et aux côteaux de Gascogne ! A l’exception de
deux traditionnels ( Los Segadors, les moissonneurs, et La bugada,
la lessive - attribuée au poète d’Espourrins), l’ensorceleuse
Marilis Orionaa écrit tous ses textes dans une langue qui peut tout dire
de ce qui la touche aujourd’hui : l’attente ( Gabriel ),
le village de l’enfance Balansun (dont elle nomme chaque maison),
la magie d’un soir de lune où vieux monde, passé et présent
se fondent dans l’oubli ( Baram de Lua , halo de lune), la montagne
dépecée, le saccage des vallées et des têtes des
gens ( Etnocide ).
Traditionnel parlé, ou chanson de facture très classique (comme
la jolie Vila de Pau ), Marilis Orionaa joue sur une palette assez
large pour être d’ores et déjà inclassable. Elle a
pour seul horizon les friches de la sensibilité et de l’émotion
servies par les arrangements d’Olivier Kléber-Lavigne... et une
voix qui fait d’elle l’égale de Maria del Mar Bonnet, pour
ne citer qu’une des voix exemplaires de la Méditerranée.
Marc LEGRAS
................................................................................................................
TRAD MAGAZINE - n°52, mars-avril 1997
Des
chants d’appels de berger de la plage 1 aux improvisations vocales de
la dernière (16), le vibrato rapide de Marilis Orionaa, comme un frisson,
vous prend et ne vous lâche pas. Usant (1) d’effets de delay (décalages)
et surtout jouant vocalement sur les placements, de gorge, de poitrine, de tête,
Marilis parsème le disque de collectages familiers et inattendus : grelots,
bruits de rue et scie musicale (Jacques Brel sur un thème pyrénéen…
si !), conversations, contes, rapide diphonie, sons divers... L’accompagnement
est un véritable partenaire, dominé par la guitare et les arrangements
d’Olivier Kléber-Lavigne, une guitare très classique, mêlée
de rythmes brésiliens et flamenco. Les percussions de Nicolas Martin-Sagarra,
variées et présentes, font un fin réseau tramé de
chocs et de frottements charnels. La contrebasse crée une ambiance qui
rappelle indéniablement la tradition des compositeurs-interprètes
de pays proches, Luis Cilia le Portugais et Lluis Llach le Catalan (très
beau thème à l’archet du 3, presque un mini opéra
chanté/parlé; 13; 15, véritable « cantate »...).
La plupart des compositions se dérobent aux modèles, malgré
de très belles ballades de style anglosaxon (4, Gabriel), voire celtique
(8)... Mais on trouve des listes à la George Pérec (les maisons
anciennes d’un village, 6), des chroniques-satires violentes contre la
culture contemporaine (10), et un goût récurrent pour les thèmes
récitatifs que la voix et les ornements viennent fleurir, dans une belle
et âpre langue, occitan chaleureux des montagnes. Un disque unique et
profond.
Claude RIBOUILLAULT
................................................................................................................
MARIE FRANCE - n°25, mars 1997
Le
blues du Béarn
Avec un nom pareil, Marilis Orionaa est forcément exotique. Et pour cause
: elle est née près de Pau et chante en béarnais. Sur quelques
accords de guitare ou a cappella, sa voix voyage entre les graves et les aigus,
puis résonne et vibre comme un cri. A vous faire frissonner. Les textes,
traduits, parlent de fées et de sorcières, de jeunes femmes tenaillées
par le désir et de disputes anciennes. Une superbe curiosité.
................................................................................................................
FOLKROOTS - march 1997
She’s from Béarn, in south-west France to the east of Les Landes
and north of the Basque Lapurdi, and this is a splendidly bold and individualistic
album.
It opens with a solo repeat-echoed vocal drawing on herders’ calls. Then
it’s into a fast song, accompanied by Olivier Kléber-Lavigne’s
flamenco-inflected guitar and Nicolas Martin-Sagarra’s tapping percussion,
about the Spanish wind from the south and its alleged powerful effects on fecundity,
and going on, in Balansun, to list the names of the old houses in her
village. It’s all sung (and sometimes spoken-sung) in the language of
Béarn, in a voice sometimes natural-speaking, sometimes dramatic, with
occasional echoes of a Piaf vibrato, sometimes melismatic in a way that suggests
the music of her childhood home in Greece.
Marilis Orionaa is that new kind of traditionnal singer - she is her own tradition,
not slavishly fixing on an accident of birth but drawing on and celebrating
what formed her and what’s around her.
And some of those influences and surroundings find their way in a raw state
onto the album - not sampled and blended, just - there. Someone called Georges
recounts an argument between her grandparents about a mushroom omelette, a young
girl’s voice (or is it Marilis’ ?) tells a fragment of Pyrenean
mythology, there’s a burst of Kléber-Lavigne (the organiser of
the album’s remarkable arrangements of guitar, percussion and Martine
Urbain’s double bass, as stark yet rich and commanding as the vocals)
throat-singing at a gig in Belgium, and - can it be ? - Jacques Brel plays a
traffic-accompanied solo in Béarn’s main city, Pau, on musical
saw.
It’s wonderfully liberated and liberating, a great way to make an album
- at least it is if you’re as clearly talented and full of strength and
life as Orionaa.
Andrew CRONSHAW
................................................................................................................
LES INROCKUPTIBLES - n°90, du 5 au 11 février 1997
Occitanie
Entre les Landes hispanisantes et le pays basque insurrectionnel, il y a ce
Béarn abrupt aux touristes et chaleureux aux sincères. Et entre
Pau, où les petits vieux viennent réchauffer leurs os fatigués,
et Orthez la basketteuse, il y a Marilis Orionaa, ex-professeur de lettres,
artiste intransigeante et amoureuse de son pays. Quelques lignes suffisent à
enfermer quiconque dans le quiproquo, à renvoyer en un bâillement
vers ces années 70 où particularisme local et militantisme tenaient
parfois lieu de sens artistique. Alors, élargissons le champ : si Marilis
Orionaa est béarnaise par hasard génétique, puis passion,
elle sait évoquer avec la même ferveur que Cesaria Evora sa pincée
de tuiles, avec la même profondeur qu’Amalia Rodriguez sa montagne
qu’on mutile... et avec la même efficacité que les ténors
sardes les imprécations de sommet à sommet. Soutenue sans afféteries
par guitare et contrebasse emperlées - et une moisson de percussions
frémissantes-, la voix devient sorcière, vache aux cornes de lyre
ou moissonneur à la faucille d’argent. On ne se contente pas ici
de parler d’un pays : on en offre les multiples aspects, du talking-blues
à la comptine enfantine, tous climats enroulés autour d’une
étrange voix de gorge nouée.
Christian LARRÈDE
................................................................................................................
LE MONDE DE LA MUSIQUE - n°207, février 1997

Dernier maillon d’une lignée de poètes et conteurs, cette
« bergère des nuages » (titre d’un de ses
précédents récitals) chante avec une voix stellaire, et
sa langue béarnaise (une branche du dialecte gascon, lui-même variante
de la langue d’oc) esquisse des paysages fiers. Sauvage, loin de tout
folklore, la belle de Balansun se reçoit comme la mémoire d’une
terre de rude écorce captée au plus près de ses hommes
et femmes. Entre cri et mélopée, sa voix aux étranges arabesques
parle de halo de lune, de couleuvres qui sucent le lait des vaches, de vent
dans les tuiles, c’est à dire d’une façon de se hâter
lentement vers l’essentiel.Une élégance hiératique,
une incantation qui renvoient à un patrimoine certes menacé (Ethnocide)
mais aussi, elle le prouve, en plein aggiornamento identitaire.
Frank TENAILLE
................................................................................................................
LIBÉRATION - 24 novembre 1996
Marilis Orionaa a été élevée en partie à
l’étranger dans une famille soucieuse de préserver sa culture
et sa langue : l’occitan béarnais. Remarquée ici même
avec un CD qui tenait plus du document de travail (commercialisé sans
son aval, de surcroît), elle revient avec un premier véritable
album qui inaugure une nouvelle collection chez Trema. Rompue aux techniques
montagnardes, la sûreté de la voix frappe d’emblée
avec Ça-i !, qui évoque l’art qu’ont les
vachères de projeter la voix pour communiquer d’un versant à
l’autre d’une vallée, et un vibrato particulier qu’on
peut retrouver dans la musique iranienne, par exemple. La voix est belle, proche
de la country, loin des embouteillages. Intuitivement, on ressent l’intelligence
et la volonté pugnace de transmettre une culture.
Marilis Orionaa n’en reste pas moins une femme moderne, et le Béarn
un carrefour : un peu de basque, d’espagnol, des bons baisers de partout.
Elle écrit ses chansons, ici en énumérant le nom intime
donné à chaque maison d’un petit village (Balansun),
là en parlant de Metempsicòsa. Elle sait aussi bien chanter
le vent du sud, « vaurien bandit » (Vent balaguèr),
que la magie de la lune. Pudique, c’est au poète Cyprien d’Espourrins
qu’elle emprunte son chant d’amour La Bugada — La
Lessive étendue a cappella et l’album se clôt sur un
chant traditionnel Los Segadors — Les Laboureurs. Jamais les
arrangements ne cherchent à imiter un son ancien : guitare, contrebasse,
toutes sortes de percussions... Ce chant qui ne mâche pas ses mots, bondissant
et frondeur comme un torrent, désaltère, rafraîchit.
Hélène HAZÉRA
................................................................................................................

Balansun
Revolum Compagnie / Musidisc 199 242
LIBÉRATION - jeudi 11 mars 1993
« Mes qui a copat lo bòsc de
Balansun/ On i avè nau cents sendèrs senderons e un ? »
(Mais qui a coupé le bois de Balansun/ Où il y avait neuf cent
un chemins et sentiers?). Voix, clarinette, luth, et cette langue sœur
d’oc. Joli bouquet, d’un exquis raffinement. Avec ses petits arrachements
de larynx repris des traditionnels, Marilis Orionaa fait tout sauf du folklore
rural : il y a la nature dans sa voix, mais aussi les châteaux qui y ont
été bâtis, châteaux de poésie signés
Jan Loís Baradat, Roger Lapassada, ou Orionaa, Pastora deus crums
— Bergère des nuages. Sans oublier Los Sent Jacqués,
histoire des pèlerins de Saint-Jacques qui, en plein naufrage, tirent
celui qui doit se confesser, désignent un « enfanton d’Egipte
», qui, après avoir avoué matricide et parricide, est
lié dans un sac et jeté « au gran baniu ».
Moralité ? « Tres dias esté a Sent Jaques,/Permèr
los auts romius ».
Hélène HAZÉRA